La matrice du grandir : quand aimer devient un acte professionnel

La matrice du grandir : quand aimer devient un acte professionnel

Musée de la BD – Bruxelles

Lors des 26e journées d’étude de l’ANPF à Nancy en Septembre 2017 (lire dans la catégorie « événements »  de ce site), les professionnels Assistants Familiaux présents dans la salle eurent l’occasion d’exprimer leur incompréhension face à des directives qui, il y a très peu encore, interdisaient voir condamnaient toute dimension affective dans un agir défini comme étant professionnel et qui, désormais, non seulement reconnaissait une telle dimension mais recommandait de lui faire toute sa place. Face au désarroi suscité par un interdit d’hier devenu un permis d’aujourd’hui, lequel en langage courant se traduit souvent par cette interrogation, « entre le trop et le pas assez jusqu’où faut-il aller dans la relation affective ? » , je suis appelé à reprendre et  à travailler plus avant la complexité  qu’il y a à faire du savoir aimer une compétence professionnelle. A cette fin, et à partir des éléments contenus dans Oser le verbe aimer en éducation spécialisée, j’ai poursuivi la réflexion avec les professionnels de la fondation AJD à Lyon, et avec les professionnels des sites qualifiants en lien avec l’Arifts Pays de Loire (là encore se reporter aux articles du site) ; et je suis de nouveau invité à le faire, le 18 mai, avec les étudiants et futurs professionnels assistants familiaux, éducateurs spécialisés et éducateurs jeunes enfants du Centre de formation Saint Honoré à Paris et, les 21 et 22 juin à Brest, dans le cadre des journées d’études de l’Association Parentel consacrées à cette interrogation : de l’amour à l’épreuve des liens, quel(s) accompagnement (s) ?

Il est bien entendu qu’à l’occasion de chacune de ces prestations il ne s’agit pas de répéter un discours appris par cœur (cela n’aurait ni sens ni intérêt) mais bien de rendre accessible tant sur un plan théorique que praxéologique cette compétence que serait un savoir aimer appliqué à une posture professionnelle.  Il s’agit donc bien, par cette recherche menée à la fois du côté de l’investigation théorique que de la mutualisation des pratiques, de concourir à un processus de professionnalisation qui maintiendrait dans l’humain les métiers de l’éducation, de la solidarité et du soin. Pour ce faire, et à ce stade, mon travail se déploie suivant deux axes forcément complémentaires :  le premier consiste à définir avec le moins d’ambiguïté possible ce qu’aimer veut dire dans le cadre d’un agir professionnel respectueux de l’éthique des métiers de la relation d’aide sociale, éducative et de soin, et le deuxième axe de travail consiste à réfléchir comment cette compétence prend place, bouscule  et s’articule à l’ensemble des compétences référencées au titre de ces différents métiers.  Suivant cette stratégie, je tente de modéliser une matrice propice à la mise en oeuvre d’une trajectoire du grandir ou du se grandir, esquissée lors de l’intervention à l’Arifts Angers et reprise ici dans « Intervention St Honoré » le texte support aux travaux de la journée du 18 mai avec les étudiants et futurs professionnels de StHo. Dans ce document ne sont exposés que le plan, permettant d’apercevoir la logique du discours mis en œuvre, et les notions fondamentales à partir desquelles peut s’engager une réflexion théorique et praxéologique.

3 Replies to “La matrice du grandir : quand aimer devient un acte professionnel”

    1. Merci Eric pour cette remarque que je t’invite à développer. L’affectif est humain lorsque, prenant ses distances avec la pitié ou la charité, il vient à considérer l’autre dans sa différence et sa vulnérabilité.

  1. L’amour permet l’acte éducatif! Le porteur de cet acte est entendu, compris, parce que l’amour permet l’intérêt des uns pour les autres! L’amour permet de s’opposer (dire non sereinement) et de protéger celui qu’on accompagne! L’amour supporte les sautes d’humeurs, les colères et participent aux réparations! C’est un magnifique outil pour ceux qui osent l’utiliser (l’outil!) et cela veut forcément dire q’ils sont au clair avec eux même.

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