{"id":1018,"date":"2020-03-05T17:13:55","date_gmt":"2020-03-05T16:13:55","guid":{"rendered":"http:\/\/philippe-gaberan.com\/?p=1018"},"modified":"2020-03-05T17:13:55","modified_gmt":"2020-03-05T16:13:55","slug":"accueillir-letranger-souvrir-a-letrange","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/2020\/03\/05\/accueillir-letranger-souvrir-a-letrange\/","title":{"rendered":"Accueillir l&rsquo;\u00e9tranger, s&rsquo;ouvrir \u00e0 l&rsquo;\u00e9trange"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1016 alignleft\" src=\"http:\/\/philippe-gaberan.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/bon-de-pr\u00e9-commande-300x211.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"211\" srcset=\"https:\/\/philippe-gaberan.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/bon-de-pr\u00e9-commande-300x211.jpg 300w, https:\/\/philippe-gaberan.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/bon-de-pr\u00e9-commande-768x541.jpg 768w, https:\/\/philippe-gaberan.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/bon-de-pr\u00e9-commande-1024x722.jpg 1024w, https:\/\/philippe-gaberan.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/bon-de-pr\u00e9-commande-383x270.jpg 383w, https:\/\/philippe-gaberan.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/bon-de-pr\u00e9-commande.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>La violence et la peur s\u2019imposent chaque jour un peu plus comme devenant les deux principaux leviers du Politique. Que dominent cette violence et cette peur dans les espaces soci\u00e9taux n\u2019est sans doute pas nouveau au regard de la d\u00e9j\u00e0 longue histoire de l\u2019esp\u00e8ce humaine\u00a0;\u00a0 le vingti\u00e8me si\u00e8cle n\u2019est d&rsquo;ailleurs pas si loin qu\u2019il faille d\u00e9j\u00e0 mettre au compte de l\u2019oubli tous les massacres l\u2019ayant entach\u00e9. Mais quelles que soient les monstruosit\u00e9s des \u00e9poques et de leurs crimes, de dessous les restes de bestialit\u00e9 qui fa\u00e7onnent l\u2019humain finit toujours par rejaillir le peu de cr\u00e9ativit\u00e9 d\u2019o\u00f9 germent les lendemains. C\u2019est la raison pour laquelle l\u2019instinct de survie commande aujourd\u2019hui d\u2019\u00e9teindre le poste de t\u00e9l\u00e9vision et de se d\u00e9connecter des r\u00e9seaux sociaux\u00a0; non pas pour ne plus voir et ne plus entendre, mais pour retrouver ce rien de silence sans lequel la pens\u00e9e n\u2019est plus possible. Il faut \u00eatre en capacit\u00e9 de se d\u00e9prendre du bruit que font les sympt\u00f4mes d\u2019une crise de civilisation pour, par-del\u00e0 les d\u00e9chirures de l\u2019entendement, \u00eatre en mesure de se saisir ce qui dans l\u2019apparente folie des temps modernes donne encore du sens \u00e0 une pr\u00e9sence de l&rsquo;homme. C\u2019est ainsi que bien avant que le chantage aux migrants n\u2019atteigne les sommets du cynisme contemporain, l\u2019\u00e9t\u00e9 2018 a \u00e9t\u00e9 ma parenth\u00e8se dans l\u2019espace et le temps pour mettre des mots sur\u00a0<a href=\"http:\/\/www.arnaudfoulonphotography.fr\/434692761\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>L\u2019Autre Monde, le monde de l&rsquo;autr<\/em>e<\/a>, une galerie de portraits r\u00e9alis\u00e9s par <a href=\"http:\/\/www.arnaudfoulonphotography.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Arnaud Foulon<\/a>. Cet autre monde est le monde des \u00eatres pass\u00e9s de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du miroir et dont les visages ne r\u00e9fl\u00e9chissent pas la m\u00eamet\u00e9 mais au contraire l\u2019\u00e9tranget\u00e9.\u00a0L\u2019autre monde est le monde de ceux pour qui la diff\u00e9rence n\u2019estompe pas la ressemblance au point d\u2019interdire le passage d\u2019une fronti\u00e8re ou de forclore le refoul\u00e9. Dans les photos et les textes de\u00a0<em>L&rsquo;Autre Monde<\/em>, l&rsquo;\u00e9tranger n&rsquo;est jamais assign\u00e9 \u00e0 un ailleurs. Au contraire! Dans la chaleur de l\u2019\u00e9t\u00e9 2018, les mots ont jou\u00e9 de l\u2019obscurit\u00e9 et de la lumi\u00e8re, saut\u00e9 par dessus les plaies et les bosses jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;une po\u00e9sie de l&rsquo;humain devienne l\u2019ombre port\u00e9e d&rsquo;une science de l&rsquo;homme. Mais avant\u00a0cela ?<\/p>\n<p>Ils remontent \u00e0 plus de quinze ans les premiers instants de ce qui allait devenir la rencontre avec Arnaud Foulon. L\u2019homme d&rsquo;alors ne tient pas en place dans sa formation de moniteur \u00e9ducateur\u00a0; sous l\u2019\u00e9l\u00e8ve fulmine le cas social. Le poli laisse filtrer une de ces personnalit\u00e9s transgressives que seules les errances habilement canalis\u00e9es par les connaissances permettent de conduire vers les territoires de l\u2019inconscient et donc de l\u2019humain. Car, dans la r\u00e9alit\u00e9, les visiteurs de l\u2019\u00e2me ne sont pas des enfants de c\u0153ur\u00a0; ce n\u2019est pas \u00eatre sage que de pr\u00e9tendre se frotter \u00e0 ce qui fait l\u2019envers de l\u2019homme, ses d\u00e9rives, ses d\u00e9viances, ses douleurs. A la fin de sa formation l\u2019Arnaud devenu \u00e9duc a suivi son chemin jusqu\u2019\u00e0 ce que resurgisse l\u2019Arnaugraphe,\u00a0 l&rsquo;amateur photographe\u00a0; ce Foulon du regard qui par-del\u00e0 les clich\u00e9s vient tirer les portraits du fou et de l\u2019\u00e9tranger. 41 images. Une galerie de 41 visages d\u00e9figur\u00e9s \u00e0 d\u00e9gueuler jusqu\u2019au bout et dont la seule \u00e9chapp\u00e9e possible sont les mots d\u00e9lir\u00e9s en titres et l\u00e9gendes. Non pas des commentaires qui viendraient comme des pri\u00e8res sur des fossiles, mais des vers tir\u00e9s du nez de l&rsquo;\u00e9crivant venu renifler l\u2019Etre sous l\u2019\u00e9tant, la majuscule sous le minuscule. Pour se hisser \u00e0 hauteur de l\u2019indicible le discours doit disposer d\u2019une grammaire autre que celle apprise dans les \u00e9coles ; celui qui est condamn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exil ne peut plus regarder vers hier, son ordre et ses rep\u00e8res. Dans <em>L\u2019Autre Monde<\/em>, l\u2019image et le verbe se moquent des raisons qui n\u2019en sont pas et se rient des maux, des camisoles et des murs. \u00c7a cavale. \u00c7a bouscule. \u00c7a \u00e9nerve et \u00e7a d\u00e9bande.<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;\u00e0 ce que, au bout de l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e, surgisse ce petit fascicule mis en <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/search\/top\/?q=arnaud%20foulon&amp;epa=SEARCH_BOX\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">pr\u00e9-vente<\/a> d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent&#8230; travail de fourmi, oeuvre de r\u00eaveurs. Il n\u2019a pas la pr\u00e9tention d\u2019\u00eatre une boussole, m\u00eame si au d\u00e9tour d\u2019un paragraphe il se pique de trouver l\u2019ombilic du monde, cette cicatrice propre \u00e0 toute naissance. Il ne pr\u00e9tend pas non plus \u00eatre une carte du non tendre puisque le fou comme l&rsquo;\u00e9tranger ne s&rsquo;accordent d&rsquo;aucune piti\u00e9.\u00a0 Ce petit fascicule, sa galerie de portraits et ses jeux de mots sont tout juste un pied de nez \u00e0 la haine.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La violence et la peur s\u2019imposent chaque jour un peu plus comme devenant les deux principaux leviers du Politique. Que dominent cette violence et cette peur dans les espaces soci\u00e9taux n\u2019est sans doute pas nouveau au regard de la d\u00e9j\u00e0 longue histoire de l\u2019esp\u00e8ce humaine\u00a0;\u00a0 le vingti\u00e8me si\u00e8cle n\u2019est d&rsquo;ailleurs pas si loin qu\u2019il faille &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/2020\/03\/05\/accueillir-letranger-souvrir-a-letrange\/\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1016,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-1018","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-en-chemin"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1018","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1018"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1018\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1021,"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1018\/revisions\/1021"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1016"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1018"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1018"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1018"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}