{"id":32,"date":"2017-08-04T16:24:04","date_gmt":"2017-08-04T14:24:04","guid":{"rendered":"http:\/\/philippe-gaberan.com\/?p=32"},"modified":"2017-08-15T17:56:11","modified_gmt":"2017-08-15T15:56:11","slug":"oser-le-verbe-aimer-en-education-specialisee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/2017\/08\/04\/oser-le-verbe-aimer-en-education-specialisee\/","title":{"rendered":"Oser le verbe aimer en \u00e9ducation sp\u00e9cialis\u00e9e"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-19\" src=\"http:\/\/philippe-gaberan.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/ERES_GABER_2016_01_L204-193x300.jpg\" alt=\"\" width=\"193\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/philippe-gaberan.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/ERES_GABER_2016_01_L204-193x300.jpg 193w, https:\/\/philippe-gaberan.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/ERES_GABER_2016_01_L204-174x270.jpg 174w, https:\/\/philippe-gaberan.com\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/ERES_GABER_2016_01_L204.jpg 204w\" sizes=\"auto, (max-width: 193px) 100vw, 193px\" \/><\/p>\n<p><strong>A propos de Virginie Despentes et sa place dans l&rsquo;ouvrage<\/strong><\/p>\n<p>Virginie Despentes a longtemps \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme faisant partie des \u00ab\u00a0auteurs maudits\u00a0\u00bb pour ses propos sur l&rsquo;humain, ses grandeurs et ses d\u00e9rives d\u00e9crites dans un style aussi rude que la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;existence. Pour autant, je me suis int\u00e9ress\u00e9 aux livres et \u00e0 l&rsquo;histoire de l&rsquo;auteure bien avant qu&rsquo;elle ne devienne ce ph\u00e9nom\u00e8ne de litt\u00e9rature d\u00e9sormais adul\u00e9 du plus grand nombre ( Virginie Despentes, <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/m-gens-portrait\/article\/2017\/07\/28\/le-phenomene-despentes_5166145_4497229.html\">Anatomie d&rsquo;un Ph\u00e9nom\u00e8ne<\/a>, Le Monde Magazine 28 juillet 2017). Ainsi de multiples extraits de <em>Bye-Bye Blondie<\/em> \u00e9maillent les chapitres de<em> Oser le verbe aimer en \u00e9ducation sp\u00e9cialis\u00e9e<\/em> tant pour illustrer l&rsquo;impact de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement traumatique sur la trajectoire de vie d&rsquo;un enfant, que les m\u00e9canismes du sympt\u00f4me, de la r\u00e9sistance au changement et de la r\u00e9it\u00e9ration du m\u00eame.<\/p>\n<p><em>Extraits\u00a0<\/em><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les peurs suscit\u00e9es par l&rsquo;incertain du futur comme les angoisses ressurgies de l&rsquo;ineffa\u00e7able pass\u00e9, les unes et les autres, le futur et le pass\u00e9 ensemble, replient l&rsquo;enfant ou le gamin sur lui-m\u00eame, l&rsquo;inscrivent dans la r\u00e9it\u00e9ration du connu, et donc du certain, poussent \u00e0 d\u00e9crocher de l&rsquo;effort entrepris, et au final \u00e0 rompre le lien. <em>\u00ab\u00a0Plus tard, en pleine nuit, elle se r\u00e9veille, \u00e9touff\u00e9e de rage. Contre lui contre ce monde contre ces gens qu&rsquo;ils voient contre tout cet argent contre elle-m\u00eame contre Michel le petit producteur contre \u00a0Amandine. Et contre elle-m\u00eame essentiellement\u00a0\u00bb<\/em> (Despentes, 2004, p.228). Le \u00ab\u00a0contre\u00a0\u00bb exprime toute la rage \u00e9prouv\u00e9e par le gamin \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de ce qui l&#8217;emp\u00eache d&rsquo;advenir \u00e0 lui-m\u00eame et dont il peine \u00e0 situer la source et \u00e0 mesurer l&rsquo;ampleur. Merde&#8230; et putain de merde, \u00e7a ne sert \u00e0 rien! \u00c7\u00e0 ne marche pas. Alors le gamin tourne sa rage contre tout ce qui bouge, contre le monde entier et y compris lui-m\u00eame par le biais de passages \u00e0 l&rsquo;acte dont la violence fait parfois douter et l&rsquo;\u00e9ducateur r\u00e9f\u00e9rent et l&rsquo;institution. Et dans ces moments-l\u00e0, il n&rsquo;y a plus grand monde de l&rsquo;ext\u00e9rieur pour voir et comprendre ce qu&rsquo;\u00e9duquer veut dire&#8230;\u00a0\u00bb \u00a0(chapitre <em>Le point d&rsquo;inflexion<\/em>, paragraphe <em>Ce que tenir veut dire<\/em>, p.185)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Une trahison, une d\u00e9ception, une rupture ou une maltraitance, chacune \u00e0 sa fa\u00e7on inscrite dans la chair et dans l&rsquo;esprit du gamin, occasionne une blessure qui, si elle cicatrise avec le temps, laisse bel et bien une trace. Cette trace est comme un pli sur lequel bute le devenir et sur lequel s&rsquo;arr\u00eate la trajectoire du grandir. Ce n&rsquo;est pas une fausse route puisque, \u00e0 tout prendre, le chemin ouvert par une blessure reste pr\u00e9f\u00e9rable au n\u00e9ant; c&rsquo;est juste un pli dans le devenir sur lequel se replie l&rsquo;avenir. Ce bourrelet vaut comme une protection contre l&rsquo;ext\u00e9rieur et contre toute tentative nouvelle d&rsquo;apprivoisement, voire d&rsquo;instauration du lien de confiance. <em>\u00ab\u00a0Ces choses-l\u00e0 n&rsquo;\u00e9taient pas pour elle. Les choses douces, les choses de la complicit\u00e9, de la confiance, de l&rsquo;\u00e2me s\u0153ur, les choses de l&rsquo;amour\u00a0\u00bb<\/em> (Despentes, 2004, p.139). La langue tr\u00e9buche et le regard se perd. La douleur est indicible par le gamin parce qu&rsquo;elle est inaudible par l&rsquo;adulte. Le dialogue, s&rsquo;il a lieu d&rsquo;\u00eatre, passe par des signes muets&#8230;\u00a0\u00bb\u00a0(chapitre\u00a0<em>L&rsquo;\u00e9chouage n&rsquo;est pas un ratage<\/em>, paragraphe <em>Aller \u00e0 d\u00e9couvert<\/em>, p.159)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Du m\u00eame coup, il est tout simplement impossible de rendre quelqu&rsquo;un heureux. Pour acc\u00e9der au bonheur, il faut que l&rsquo;individu devenue une personne cesse d&rsquo;avoir peur. <em>\u00ab\u00a0Il est attentif, dou\u00e9, sensuel et amoureux d&rsquo;elle. Elle se prend au jeu, finalement. La premi\u00e8re fois qu&rsquo;elle jouit, c&rsquo;est quelques secondes avant lui. Et \u00e7a lui donne un long vertige. Parce que cette fois c&rsquo;est reparti, ouverte en grandes digues rompues, elle se remplit de lui sans r\u00e9serve, sans filet, elle le laisse prendre ce qu&rsquo;il lui faut. Elle n&rsquo;a plus peur\u00a0\u00bb<\/em> (Despentes, 2004, p.179). L&rsquo;enjeu de toute relation est de ne plus subir l&rsquo;autre comme un intrus; d&rsquo;accepter de donner autant que de recevoir&#8230;\u00a0\u00bb (chapitre\u00a0<em>L&rsquo;\u00e9chouage n&rsquo;est pas un ratage<\/em>, paragraphe <em>Aller \u00e0 d\u00e9couvert<\/em>, p.157)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"title\"><span class=\"bullet\"><b><span class=\"subtitle\">La relation \u00e9ducative 2<\/span><\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"revue_title\">Coll.\u00a0<span class=\"title_little_blue\">L\u2019\u00e9ducation sp\u00e9cialis\u00e9e au quotidien<\/span>\u00a0(ERES, 2016)<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A propos de Virginie Despentes et sa place dans l&rsquo;ouvrage Virginie Despentes a longtemps \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme faisant partie des \u00ab\u00a0auteurs maudits\u00a0\u00bb pour ses propos sur l&rsquo;humain, ses grandeurs et ses d\u00e9rives d\u00e9crites dans un style aussi rude que la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;existence. Pour autant, je me suis int\u00e9ress\u00e9 aux livres et \u00e0 l&rsquo;histoire de &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/2017\/08\/04\/oser-le-verbe-aimer-en-education-specialisee\/\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":19,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-32","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-bibliographie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":187,"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32\/revisions\/187"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}