{"id":501,"date":"2018-07-11T15:37:13","date_gmt":"2018-07-11T13:37:13","guid":{"rendered":"http:\/\/philippe-gaberan.com\/?p=501"},"modified":"2018-07-11T15:37:13","modified_gmt":"2018-07-11T13:37:13","slug":"secrets-de-familles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/philippe-gaberan.com\/index.php\/2018\/07\/11\/secrets-de-familles\/","title":{"rendered":"Secrets de familles"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-503 alignleft\" src=\"http:\/\/philippe-gaberan.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/20180710_2035111-e1531315543518-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/philippe-gaberan.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/20180710_2035111-e1531315543518-225x300.jpg 225w, https:\/\/philippe-gaberan.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/20180710_2035111-e1531315543518-768x1024.jpg 768w, https:\/\/philippe-gaberan.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/20180710_2035111-e1531315543518-203x270.jpg 203w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/>Les hommes sont-ils \u00e0 ce point convaincus de ne si peu ma\u00eetriser le cours des choses et des \u00eatres que depuis la prime antiquit\u00e9, dans leurs r\u00e9cits ou au travers leurs croyances, ils en appellent r\u00e9guli\u00e8rement aux dieux ou au destin\u00a0? En ce d\u00e9but d\u2019\u00e9t\u00e9 o\u00f9 le roman reprend la part du lion dans le temps consacr\u00e9 \u00e0 la lecture, quatre ouvrages, n\u2019ayant rien en commun sinon la qualit\u00e9 de leur \u00e9criture, nous conduisent \u00e0 cette r\u00e9flexion pr\u00e9liminaire. Quel place le hasard prend-il dans le d\u00e9roulement d\u2019une existence\u00a0? \u00a0Bien s\u00fbr, la litt\u00e9rature sort de son r\u00f4le lorsque, singeant les Sciences humaines, elle se targue de psychologie, de sociologie, voire m\u00eame de philosophie. En revanche, elle est pleinement elle-m\u00eame lorsque qu\u2019elle scrute l\u2019humain, ses forces et ses faiblesses au travers ce qui fait le jeu des relations sociales et\/ou familiales. Moli\u00e8re, Marivaux, Balzac ou Camus, pour ne citer que quelques-uns de mes points de rep\u00e8res, ont ainsi balis\u00e9 le chemin de l\u2019humanisme. Et dans ce cas, nulle raison de bouder le roman et m\u00eame aucune culpabilit\u00e9 \u00e0 avoir au regard d\u2019un temps suppos\u00e9 perdu \u00e0 lire des futilit\u00e9s. \u00a0Et puisqu\u2019aucun ordre, sinon celui de leur lecture, ne pr\u00e9side aux commentaires faits ci-dessous, commen\u00e7ons par le premier. <em>Famille parfaite<\/em>, de Lisa Gardner et traduit de l\u2019anglais par C\u00e9cile Deniard, est un thriller. Sans doute avais-je faim de polar en cette fin d\u2019ann\u00e9e studieuse\u2026 et si les quelques premi\u00e8res pages m\u2019ont demand\u00e9 l\u2019effort d\u2019apprivoisement n\u00e9cessaire \u00e0 la d\u00e9couverte d\u2019un nouvel auteur, tr\u00e8s vite vint le plaisir de savourer des phrases dont l\u2019\u00e9quilibre et la musicalit\u00e9 sont en phase avec le besoin d\u2019avancer rapidement dans l\u2019\u00e9nigme. Celle-ci met en sc\u00e8ne le kidnapping de toute une famille, le p\u00e8re richissime industriel, sa femme et aussi sa fille, jeune adolescente. Alors ne trahissons rien de ce fabuleux roman sinon que le hasard, qui ici\u00a0 fait fort mal&#8230; ou fort bien les choses, masque en r\u00e9alit\u00e9 un secret de famille\u00a0; lequel entra\u00eene un drame dont le g\u00e2chis apparent n\u2019a d\u2019\u00e9quivalent que le cynisme de quelques-uns des protagonistes. A lire\u2026 mais \u00e0 lire de pr\u00e9f\u00e9rence au calme et en 48 heures d\u2019affil\u00e9e pour mieux tenir le fil.<\/p>\n<p>Un secret de famille est aussi le moteur de <em>T\u2019en souviens-tu mon Ana\u00efs ?,<\/em> titre \u00e0 la fois d\u2019un recueil de quatre nouvelles et de la premi\u00e8re d\u2019entre-elle, toutes imagin\u00e9es par Michel Mussi. Cet auteur de polar, internationalement reconnu, se paie ici une incursion jubilatoire dans cette forme de r\u00e9cit dont la bri\u00e8vet\u00e9 est mise au service de l\u2019intrigue\u2026 F\u00fbt-elle historique, ethnographique ou bien polici\u00e8re\u00a0! \u00a0Et si dans cette nouvelle, le hasard fait pour une fois bien les choses, puisque le partage du secret \u00e9vitera le pire \u00e0 l\u2019ultime seconde, force est de reconna\u00eetre qu\u2019il n\u2019en va pas toujours ainsi dans la vie r\u00e9elle. Mais peu importe au fond, d\u00e8s lors que le plaisir est l\u00e0. J\u2019ajoute enfin que de toutes les nouvelles de ce recueil, c\u2019est la derni\u00e8re qui restera d\u00e9finitivement ancr\u00e9e dans ma m\u00e9moire, sans doute en raison de la fa\u00e7on tragique avec laquelle elle vient rappeler que les signes ne disent pas toujours la v\u00e9rit\u00e9. L\u00e0 encore un secret emporte une jeune femme dans son malheur, et tout son entourage avec. \u00a0J\u2019ai tendrement aim\u00e9 aussi, <em>Les ronds dans l\u2019eau<\/em> de Herv\u00e9 Comm\u00e8re. Ce troisi\u00e8me ouvrage, entam\u00e9 aussi vite que les autres furent consomm\u00e9s, est lui aussi un polar. L\u2019histoire s\u2019ouvre par un biais tr\u00e8s sombre voir assez sordide qui laisse imaginer au lecteur une fin de s\u00e9rie noire. Jusqu\u2019\u00e0 ce que la bascule op\u00e8re, sans que le lecteur ne comprenne d\u2019abord trop pourquoi, avec\u00a0 le surgissement d\u2019un personnage dont la pr\u00e9sence para\u00eet hors de propos. Ici encore, c\u2019est bien le hasard qui pr\u00e9side au d\u00e9roulement des faits et au croisement des trajectoires de vie. Herv\u00e9 Comm\u00e8re donnant \u00e0 ce hasard un bien curieux visage\u2026 que je laisse volontairement dans l\u2019ombre puisqu\u2019il fait toute l\u2019intrigue de ce fabuleux roman. Et c\u2019est par <em>La m\u00e9lodie famili\u00e8re de la boutique de Sung<\/em>, premier ouvrage de Karin Kalisa traduit de l\u2019allemand par Rose Labourie, que je termine cette premi\u00e8re quinzaine de lectures romanesques. Ici pas d\u2019intrigue polici\u00e8re mais une plong\u00e9e arch\u00e9ologique dans l\u2019histoire d\u2019une famille vietnamienne, install\u00e9e en RDA quelques ann\u00e9es avant la r\u00e9unification avec l\u2019Allemagne de l\u2019Ouest. Comme toutes les histoires de famille, celle-ci poss\u00e8de aussi son secret et rec\u00e8le ses zones d\u2019ombres\u00a0; malgr\u00e9 cela le r\u00e9cit est tout en tendresse sans jamais flirter avec la mi\u00e8vrerie. Au fil des pages, l\u2019\u00e9criture subtile de l\u2019auteure suscite une incontournable r\u00e9conciliation avec ce qui fait l\u2019humain de l\u2019homme. Et en ces temps de x\u00e9nophobie exacerb\u00e9e, ces quelques pages font sacr\u00e9ment du bien.<\/p>\n<p><em>Famille parfaite<\/em>, 2013, \u00e9ditions Albin Michel, Paris 2015<\/p>\n<p><em>T\u2019en souviens-tu, mon Ana\u00efs\u00a0?,<\/em> Michel Bussi, \u00e9ditions Pocket, Paris 2018<\/p>\n<p><em>Les ronds dans l\u2019eau<\/em>, Herv\u00e9 Comm\u00e8re, \u00e9ditions Fleuve noir, Paris 2011<\/p>\n<p><em>La m\u00e9lodie famili\u00e8re de la boutique de Sung,<\/em> 2015, \u00a0Karin Kalima, \u00e9ditions le livre de poche, Paris 2017<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les hommes sont-ils \u00e0 ce point convaincus de ne si peu ma\u00eetriser le cours des choses et des \u00eatres que depuis la prime antiquit\u00e9, dans leurs r\u00e9cits ou au travers leurs croyances, ils en appellent r\u00e9guli\u00e8rement aux dieux ou au destin\u00a0? 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