Tu tueras le père

Tu tueras le père

Prendre le contrôle de l’esprit d’un autre, le recréer selon ses désirs, le façonner selon ses envies pour, au final, le maintenir et le tenir à sa main (manipuler) est sans aucun doute un fantasme rampant qui hante non pas seulement quelques cerveaux malades mais des chercheurs de renom et leurs équipes. Que le rêve d’expérimenter et de détenir à tout prix (voir même à n’importe quel prix) un tel pouvoir puisse servir de matériau romanesque lequel, allié à une écriture limpide, puisse donner lieu à plus de sept cents pages d’une lecture captivante, source d’angoisse et de bonheurs, Tu tueras le père de Sandrone Dazieri, en fait la preuve ! Mais que de surcroît le rêve de détenir un tel pouvoir de manipulation ait jusqu’au début des années 70 nourri les ambitions de quelques gouvernements démocratiques, bien plus effrayés par la montée du communisme que par les quelques relents de nazisme ayant échappé au procès de Nuremberg, et que ces dérives du pouvoir aient servi à financer des recherches scientifiques de grande ampleur sont des éléments qui donne au polar de Sandrone Dazieri un arrière-goût assez particulier. Le lecteur ne sort pas indemne d’une telle lecture, d’autant plus s’il est concerné par les mystères du comportement humain, ses supposées normes et ses éventuelles pathologies. Je ne suis pas un grand lecteur de polar car lorsqu’il m’en tombe un dans les mains je peux passer 48 heures, le temps nécessaire, à ne rien faire d’autre que de le commencer et de le finir. Mais celui-là j’aime… et il me laissera des traces.

Tu tueras le père de Sandrone Dazieri, traduit de l’italien par Delphine Gachet, coll. Pocket, ed. Robert Laffont, Paris, 2015

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